Les captages prioritaires, une animation pour la reconquête de la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

Contact : Jérémy Pastor, captage.agly@gmail.com, tel : 07 77 76 92 09

Dans les Pyrénées-Orientales, à partir des années 1950 l’agriculture s’est en grande partie mécanisée et les surfaces cultivées ont grandement augmentées, profitant de l’apparition de la fertilisation chimique et d’autres produits phytosanitaires utilisés pour augmenter les rendements en luttant contre les maladies et la concurrence des autres végétaux indésirables. L’économie de la vallée de l’Agly a pendant de très nombreuses années prospérées grâce à la viticulture. Malgré une prise en compte des enjeux de santé publique et d’une réglementation plus stricte sur l’utilisation de produits phytosanitaire, les sols, les cours d’eau et les nappes souterraines gardent encore des traces de plusieurs polluants chimiques. Depuis 2010, les trois derniers Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux (S.D.A.G.E.) successifs du bassin Rhône-Méditerranée ont abouti au classement de plusieurs points de prélèvement dans les Pyrénées-Orientales, regroupés en 12 captages prioritaires. Les captages sélectionnés correspondent à ceux dont la qualité initiale de l’eau brute (à la sortie du forage) est la plus dégradée ou qui n’ont pas encore retrouvé un niveau de qualité satisfaisant, et aux captages à enjeu au regard de la population desservie. Sur les 12 captages prioritaires des Pyrénées-Orientales, 9 sont situés dans la vallée de l’Agly : Trilla, Felluns, Cassagne/Bélesta, Latour-de-France/Montner, Estagel, Tautavel/Vingrau, Cases-de-Pène, Espira-de-l’Agly et Pia.

Vigne désherbée chimiquement non loin de l’Agly à Ansignan
L’eau potable des villages de Cassagnes et Bélesta est captée directement dans le lac de l’Agly, la préservation de sa qualité est primordiale pour éviter de très couteux traitements.

L’animation captage prioritaires est portée par les producteurs d’eau potable. Depuis 2019, le Syndicat Mixte du Bassin Versant de l’Agly anime les programmes d’actions des captages prioritaires de Cassagnes/Bélesta et Latour-de-France/Montner pour le compte de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole, de la communauté de communes Agly Fenouillèdes et la commune de Bélesta.

Exemple de réalisations vers le public non-agricole :

  • Opération de collecte de produits phytosanitaires
  • Communication lors de réunions publiques
  • Edition d’un livret « Mon jardin d’agrément au naturel »
  • Visite de jardins potagers naturels

Exemple de réalisations vers le public agricole :

  • Partenariat avec le Civambio 66 et le Chambre d’Agriculture afin d’accompagner les agriculteurs vers des pratiques culturales plus vertueuses
  • Partenariat avec le Civambio 66 et l’association APARM pour semer des plantes mellifères à qualité agronomique dans les parcelles agricoles afin de favoriser la biodiversité et la qualité agronomique des sols
  • Etude de schémas communaux d’hydraulique douce agricole afin d’adapter les parcelles agricoles et les paysages pour limiter le ruissellement qui participe grandement au transfert des pesticides vers les eaux de surfaces.
  • Intervention dans la formation aux diplômes agricoles afin de sensibiliser aux enjeux liés aux captages prioritaires.
  • Suivi des contaminations et veille scientifique sur les nouvelles molécules.

UNE REGLEMENTATION SUR L’UTILISATION DES PRODUITS PHYTOSANITAIRES :

  • Depuis 2017 : interdiction aux personnes publiques (espaces verts, trottoirs, voiries…)
  • Depuis 2019 : interdiction d’utilisation aux jardiniers amateurs
  • Depuis juillet 2022 : interdiction d’utilisation dans les habitations (désherbage des allées par exemple) et dans tous les lieux publics (cimetière, terrain de sport…)

Ainsi depuis 2022, seuls les agriculteurs en activité peuvent utiliser et détenir des produits phytosanitaires de synthèse et cela sous certaines conditions strictes (stockage, achat, certifications…). Pour les amateurs et les professionnels, le non-respect de la règlementation en vigueur est un délit passible de 150 000 euros d’amande et 3 ans d’emprisonnement.

Si vous possédez des produits phytosanitaires, vous pouvez les emmener en déchèterie (appelez votre déchèterie pour savoir si elle est équipée pour récupérer ces produits). Pour les professionnels, vous devez de vous rapprocher de votre revendeur, des filières de récupérations des produits et des contenant existent.